Le blog de Reines d’Abeilles – Espèce, race, sous-espèce, variété, type, écotype ! … Petit lexique pour briller en société et comprendre quelque chose à la classification des abeilles

Les abeilles domestiquées élevées en apiculture appartiennent en majorité à l’espèce Apis mellifera, jusque-là tout le monde est d’accord. Mais en réalité bien d’autres termes sont utilisés pour désigner plus précisément l’abeille, comme la race, la sous-espèce, la variété, le type ou l’écotype… On y perd son latin et souvent ces différents termes sont utilisés à tort et à travers et au final, plus personne n’y comprend rien. Petit retour aux sources et à leurs définitions.

L’abeille dans la systématique

La systématique c’est un système de classement des espèces vivantes, animales ou végétales, qui permet à partir de critères très précis de les identifier. Tous les êtres vivants sur Terre peuvent ainsi être classés de façon immuable selon un classement commun. La classification est la suivante : Règne, Embranchement, Classe, Ordre, Famille, Genre, Espèce. Prenons un exemple qui parle immédiatement à tout le monde, l’espèce humaine. L’Homme est classé ainsi :

Règne Animal

Embranchement Vertébrés

Classe Mammifère

Ordre Primates

Famille Hominidae

Genre Homo

Espèce sapiens

Homo Sapiens est le nom latin, de l’espèce humaine classée dans toute la systématique animale comme dit précédemment.

De la même façon on peut classer l’abeille européenne (selon la classification de Latreille 1804) :

Embranchement Arthropode

Classe Insectes

Ordre Hymenoptère

Famille Apidae

Genre Apis

Espèce mellifera

Apis mellifera Linnaeus (du nom de celui qui l’a décrit pour la première fois) est le nom latin de l’espèce d’abeille européenne.

Rappels de définition – Petit lexique

Définition d’une espèce :

on appelle « espèce » un ensemble d’individus capables d’avoir une descendance viable, fertile et stable s’ils se reproduisent entre eux. Apis mellifera Linnaeus est l’espèce la plus utilisée en Europe, en Amérique (voir l’excellente publication sur les abeilles américains de Cari) ou en Afrique mais d’autres espèces telles que l’abeille asiatique (Apis cerana Fabricius) et les mélipones (tribu des Meliponini, n’appartenant pas au genre Apis) sont également élevées dans le monde. Au total, abeilles sauvages ou domestiques ce sont au moins 20 000 espèces d’abeilles qui sont répertoriées sur Terre !

Définition de sous-espèce, race ou variété :

Il existe aussi une diversité au sein de l’espèce, on parle alors de « sous-espèce, race ou variété », tous ces termes étant absolument synonymes et désignant donc exactement la même chose. Il est donc tout à fait possible de les utiliser indifféremment. Notre abeille noire ouest européenne est une race, variété ou sous-espèce de l’abeille domestique, on l’appelle en latin Apis mellifera mellifera.

Signalons cependant cette nuance apportée par certains qui préfèrent parler de sous-espèce lorsque l’évolution est naturelle (l’abeille noire) et de race lorsqu’il s’agit du travail de l’homme (la Buckfast)…

En dehors de l’abeille noire, bien d’autres sous-espèces/races d’abeilles sont utilisées en apiculture et en France en particulier : Apis mellifera ligustica (qu’on appelle ordinairement dans le langage courant « l’Italienne»), Apis mellifera carnica (qu’on appelle ordinairement dans le langage courant la « Carniolenne »), Apis mellifera cecropia (qu’on appelle ordinairement dans le langage courant «la Grecque») ou encore l’hybride Apis mellifera ‘Buckfast’ (qu’on appelle ordinairement dans le langage courant la « Buckfast »).

Ceci dit, si on sait de quelle abeille on parle lorsqu’on évoque la sous-espèce « abeille noire » par exemple, il faut bien reconnaître aussi que cette notion de sous-espèce/race est mal définie, les limites entre les différentes races étant parfois peu évidentes aux zones notamment de chevauchement géographique ou là où les abeilles se sont hybridées et cohabitent. En général on utilise le terme de sous-espèce/race pour désigner un ensemble d’individus proches sur certains caractères et ayant au départ une histoire évolutive commune, à plus petite échelle que l’espèce. On se rapportera aux travaux de Ruttner, plus récemment de Garnery ou à l’excellente publication de Cari pour mieux comprendre l’histoire et l’évolution des différentes races d’abeille.

Les différences observées entre les sous-espèces (entre l’abeille noire, la carnica ou la ligustica par exemple) sont dues à des mutations naturelles ou par le travail de l’homme (dans le cas de la Buckfast par exemple, grâce aux travaux du Frère Adam).

Définition de variété ou type:

Le terme « variété  ou type» est tout simplement identique aux deux précédents (sous-espèce ou race) mais est plus facilement utilisé dans le langage courant. On parle de variété ou de type d’abeilles pour désigner les différentes races d’abeilles.

Définition de « l’écotype » :

Il ne faut pas confondre enfin race et écotype. Un écotype correspond à un groupe d’individus appartenant à une même sous-espèce/race mais présentant des caractéristiques propres résultant d’une adaptation progressive à un milieu particulier. Les caractéristiques propres à un écotype sont héréditaires. C’est ce qui arrive par exemple avec l’écotype Breton de l’abeille noire qui évidemment présentera des caractéristique d’adaptation à son milieu différentes, bien qu’encore membres de la même race « abeille noire », de celles d’abeilles noires vivant en Vanoise ou en Belgique par exemple.

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