Le blog de Reines d’Abeilles – Est-il possible d’ouvrir ses ruches en hiver ?

Bien sûr tout dépend de l’endroit où vous habitez … mais dans la plupart des régions (sauf le Sud évidemment), en France métropolitaine, en théorie … l’hiver, il ne faut pas déranger ses abeilles !

Désolé si vous êtes vraiment impatient de savoir comment vont vos ruches, il va falloir attendre le bon moment. Le risque sinon, au minimum, est de casser la cohésion de la grappe, refroidir l’éventuel couvain si la ponte a déjà repris, voire menacer l’existence même de la ruche si les conditions sont trop défavorables.

En effet, tout dérangement provoque un surcroît de consommation de nourriture qui risque de manquer à vos abeilles, sans compter bien sûr des conditions météorologiques (température, pluie) qui pourraient être néfastes aux abeilles.

L’apiculteur doit donc autant que possible absolument chercher à protéger les ruches des intempéries et des prédateurs mais surtout veiller avant tout à laisser ses colonies tranquilles, à ne pas toucher à la ruche inutilement, à maintenir le calme et la tranquillité de l’environnement de façon à ce que les abeilles puissent hiverner convenablement. Donc ronger votre frein, ça n’est qu’un mauvais moment à passer … Lisez, échangez sur les forums, formez-vous et préparez votre matériel pour la rentrée qui sera bien là assez tôt !

Pour ouvrir il faut donc vraiment avoir une bonne raison d’intervenir, sinon vous l’avez compris, il est urgent d’attendre …Théoriquement la vraie visite de « printemps » ne s’effectue pas habituellement avant février et plutôt mars, lors d’une belle journée.

Avant de vous décider à intervenir sur la ruche observez ! La planche d’envol peut vous apporter des signes très utiles sur la santé de votre ruche, sans même avoir à l’ouvrir. Dès que les températures le permettent (11, 12 °C) et par une belle journée ensoleillée, on verra par exemple les abeilles sortir parfois en grand nombre, même au cœur de l’hiver, pour aller se soulager. C’est un premier indice qui vous rassurera déjà de façon évidente sur le fait que votre ruche est bien vivante.

Ce n’est pas non plus parce qu’une colonie ne sort pas qu’elle est morte. Cela dépend de la force de la colonie, mais aussi de l’exposition de la ruche et de la race d’abeille. Une température minimale est ainsi nécessaire pour les inciter à faire leur premier vol de propreté : la Buckfast ou la linguistica (italienne) par exemple ont besoin de températures bien plus élevées que les abeilles noires. Pour les colonies qui vous paraissent faibles, il faut réfléchir à ce qui peut être fait. Après avoir soupesé la ruche et s’il y a manque objectif de nourriture, il faut envisager de nourrir avec du candi (pas de sirop liquide en hiver en dessous de 10 °C !).  Soyez patient, si rien ne se passe encore au trou de vol, alors que toutes les ruches voisines sont de sortie (ce qui est effectivement un bon indice), vous pouvez encore coller votre oreille à la paroi de la ruche et donner un coup fort et sec sur un côté de la ruche. Si vous entendez alors un bruissement tout va bien. Si vraiment rien n’est audible à l’intérieur même après avoir répété les coups sur l’avant de la ruche, c’est effectivement plutôt inquiétant.

Rien n’y fait, vous avez malgré tout décidé d’intervenir et d’ouvrir votre ruche, des signes que vous trouvez négatifs vous incitent à le faire. Vous ne devriez pas le faire pourtant sans une raison vraiment sérieuse. Cherchez alors au moins à ouvrir dans les moins mauvaises conditions possibles.  Autant que possible ouvrez au-dessus de 14 – 15 ° C (température relevée à l’ombre !) : vous pouvez ouvrir en-dessous mais si la ruche est bien ensoleillée et en l’absence de vent seulement. Abstenez-vous absolument par temps de pluie ! Cette visite d’urgence devra être précise et rapide. Pensez à l’avance à vos gestes et à ce que vous voulez faire. Vous n’aurez pas de temps à perdre sur la ruche dans ces conditions qui lui sont par définition nocives.

Cette visite éclair pourra vous permettre de voir si la colonie est encore vivante. Soulevez le couvre-cadre ou le nourrisseur et si la ruche est morte, vous pouvez soit fermer le trou de vol pour qu’il n’y ait pas de pillage et transmission de maladie, soit l’éloigner et l’étudier afin de chercher à comprendre pourquoi elle est morte, mais ça c’est une autre question …

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