Le blog de Reines d’Abeilles – L’histoire revisitée de la vie si particulière des Reines d’abeilles

Durant sa vie une Reine d’abeilles rencontre des situations parfois curieuses voire même vraiment étranges … Petit rappel de la vie si particulière d’une Reine d’abeilles.

La Reine, pièce centrale du jeu

Évidemment, une Reine d‘abeilles joue un rôle fondamental dans une ruche, mais vous êtes-vous déjà demandé quel rôle elle joue exactement?  Suivons l’une d’entre elle, depuis sa naissance jusqu’à sa fin et attachons-nous à quelques-uns de ses temps si particuliers de son existence.

La Reine, bien sûr, est essentielle à tout ce qui se passe dans une ruche saine. A quelques exceptions près, elle est la seule reine dans une colonie qui peut pourtant compter 60 000 abeilles ou plus.

La grande majorité des autres abeilles travaillent de fait pour soutenir sa productivité de ponte.

 

La Reine contrôle-t-elle la colonie?

En réalité une Reine, malgré son rôle central pour la survie de la colonie, est également très contrôlée et dirigée dans tout ce qu’elle fait, depuis son vol d’accouplement jusqu’à ses prouesses de ponte quotidienne. De par son nom et à cause de son rôle essentiel dans la colonie, on pourrait croire que la reine est en quelque sorte le chef, celle qui décide dans la colonie. Il n’en est rien !

 

La Reine une marionnette adulée ?

En fait, la Reine n’est pas maître de grand-chose dans la ruche, à part du moment de sa ponte … et pour cela c’est vraiment la superstar de la colonie. Mais en réalité ce sont bien les ouvrières qui la contrôlent ou plutôt qui la reconnaissent et l’adorent pour ce qu’elle est… tant qu’elles n’ont pas décidé qu’il est temps de changer de Reine ! On pourrait dire que, face à une Reine vieillissante ou de mauvaise qualité, la colonie a le pouvoir de vie ou de mort sur elle, en décidant d’élever sa future remplaçante.

 

Interactions et petits soins dans la ruche

La reine dégage des phéromones qui informent les ouvrières sur sa santé et sa productivité. Lorsque les ouvrières ne peuvent plus détecter les phéromones royales à une concentration suffisante pour une des raisons évoquées précédemment (parce qu’elle est morte, affaiblie ou que les abeilles sont trop nombreuses dans la ruche), le signal est donné d’élever une nouvelle reine et selon les cas d’essaimer.

Les ouvrières prennent soin de la reine, la nourrissant et la toilettant. La reine dépend fortement du reste de la colonie, car elle ne peut même pas digérer sa propre nourriture. Les ouvrières doivent la digérer pour elle et la nourrir ensuite. Elles nettoient aussi ses déchets après elle.

 

Un traitement « royal »

Une fois qu’une cellule royale a été bâtie et après l’éclosion de l’œuf, les abeilles nourrices commencent à nourrir la larve exclusivement de gelée royale, au-delà des trois jours seulement auxquels ont droit les abeilles ordinaires ou les faux bourdons. La reine bénéficie de ce traitement de faveur et est la seule représentante de sa caste dans la ruche qui est nourrie de cette substance pendant toute la durée de la phase larvaire.

 

Naissance

16 jours après la ponte, la Reine devenue insecte adulte va commencer à ronger sa cellule royale pour sortir au travers du bouchon de cire qu’ont confectionné les ouvrières. Alors que sa tête commence tout juste à percer, les ouvrières vont déjà aider sa future Majesté à se frayer un chemin.

 

Une géante bien équipée !

La reine est la plus grande abeille de la colonie et mesure environ 2 centimètres. Ses caractéristiques anatomiques les plus importantes sont évidemment ses organes reproducteurs féminins, tels que la spermathèque, organe qui stockera pour sa vie entière le sperme des nombreux mâles qui la féconderont pendant son vol d’accouplement. Elle utilisera ce sperme pour pondre des œufs fécondés, qui produisent des abeilles femelles.

Vous vous le demandiez : et bien oui la Reine a un dard, très lisse, à la différence du dard redoutable de l’ouvrière, qui est barbelé. Elle peut donc piquer plusieurs fois (comme les guêpes) et survivre pour autant.  Généralement, les reines sont néanmoins dociles et piquent rarement (c’est une chance !) les apiculteurs.

La décision d’essaimer

Lorsque la ruche commence à être trop peuplée, la colonie peut opter pour l’essaimage :

  • Alors que la Reine continue à pondre des œufs, comme d’habitude, les ouvrières commencent à construire des cellules royales prêtes à accueillir de nouvelles reines.
  • Les ouvrières arrêtent alors de nourrir la reine, l’affamant pour l’alléger pour son vol prochain
  • Avec environ la moitié de la colonie, la Reine va alors décoller de la ruche, formant collectivement avec les ouvrières un essaim, et se posant assez rapidement à un endroit très temporaire dans l’attente d’un nouveau domicile. La colonie, en essaimant, vient tout simplement de se reproduire et la vieille reine a quitté sa ruche d’origine pour toujours.

 

Dans la série des choses surprenantes de la vie de la Reine, c’est en réalité bien la colonie qui décide quand préparer la nouvelle Reine et c’est la colonie encore qui cesse de nourrir la Reine existante pour lui permettre de voler. C’est donc bien la colonie dans son ensemble – composée essentiellement d’ouvrières (je mets à part les faux bourdons qui, tant qu’ils sont acceptés, profitent des ouvrières) – décide du moment de l’essaimage et du sort de la reine.

Essaims secondaires

Après le départ du premier essaim, de nouvelles Reines vont très rapidement commencer à éclore. La première Reine à éclore fera elle-même un choix. Elle pourra soit rester dans la ruche et devenir alors la nouvelle reine, soit elle pourra à son tour décider de prélever quelques-unes des abeilles restantes avec elle et d’essaimer à son tour, constituant ce qu’on appelle un essai secondaire. Potentiellement, un certain nombre d’essaims secondaires peuvent entraîner un épuisement complet de la colonie, bien que cela soit rare mais pas impossible. Rester dans la ruche est la décision la plus fréquente.

 

Mort à ses sœurs !

Pour la nouvelle reine qui décide de rester dans la ruche, son premier acte royal et sans appel sera de chercher ses sœurs, futures reines potentielles à naître à leur tour et de les tuer les unes après les autres. Elle utilisera pour cela son dard si redoutable pour les tuer dans leurs cellules, s’assurant au final qu’elle sera bien la seule reine incontestée dans la colonie. Petit détail sympathique, pour réussir à traverser la cire de la cellule royale de ses sœurs et implanter son dard mortel, la reine devra se faire assister par les ouvrières qui l’aideront à faire cela, déjà complices de leur nouvelle souveraine.

Ce comportement surprenant d’assassinat systématique de toutes ses sœurs n’est pas sans rappeler toutes nos histoires royales du Moyen-Age : de même c’est la vieille Reine qui doit partir laissant la place à une plus jeune. Et pourquoi pas l’inverse au fait ?

 

Que se passe-t-il si la reine a une soeur?

Si deux reines éclosent en même temps, elles se battront jusqu’à ce que l’une d’entre elles meure. Celle qui survit est la nouvelle reine.

 

Un accouplement royal

La reine accomplit son vol d’accouplement peu de temps après la naissance. Elle attirera des faux-bourdons dans une zone dite « de rassemblement des faux-bourdons » et s’accouplera – sa Majesté l’exige – avec approximativement 10-20 faux-bourdons différents. Un faux-bourdon qui s’accouple avec la reine va mourir pendant le processus, parce que son appendice sera arraché de son corps pendant l’accouplement.

 

Les oeufs de la reine

De retour dans la ruche, la reine pourra alors commencer sa vie de Reine mère pondeuse d’œufs, pondant environ 2 000 œufs par jour. Les œufs fécondés seront des ouvrières ou des Reines tandis que les œufs non fécondés seront des faux-bourdons.

 

Rôle dans la diversité génétique

L’ADN d’une reine a 32 chromosomes, comme c’est le cas de toutes les abeilles femelles. Les femelles reçoivent donc 16 chromosomes de leur mère la reine et 16 des faux-bourdons qui ont fourni le sperme. Le nombre de faux-bourdons avec lesquels la Reine s’accouple garantit une certaine diversité génétique dans la colonie.

Le « rémérage » intervient quand une reine doit être remplacée, en raison de la mort de la reine d’origine, à cause de sa génétique pauvre, parce qu’elle est devenue improductive ou aussi parce que la ruche est devenue trop populeuse. On comprend facilement qu’en cas de renouvellement artificiel (si vous voulez améliorer votre ruche ou si la reine est morte ou défaillante) il est recommandé que la nouvelle reine soit issue d’une lignée génétique différente, afin de donner à la colonie une plus grande chance de survie dans le temps.

 

SOURCE : Traduit et modifié d’après Perfectbee

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